Une vidéo deepfake de votre enfant est en ligne?

Vous venez de découvrir une image truquée de votre enfant qui circule en ligne. Un visage détourné, une photo manipulée par intelligence artificielle, des messages humiliants qui se partagent dans un groupe de classe. Le choc est immense — et c'est normal.

Bonne nouvelle : vous n'êtes pas démuni·e. La loi française protège votre enfant, des recours concrets existent, et chaque étape de ce guide peut être franchie dès aujourd'hui, depuis chez vous.

Un phénomène qui touche de plus en plus de familles

Les chiffres du baromètre 2025 e-Enfance/3018 – Caisse d'Épargne sont clairs : 18 % des 6-18 ans ont déjà été confrontés au cyberharcèlement, et WhatsApp concentre à elle seule 41 % de ces situations, souvent dans les groupes de classe. Les conséquences sur la santé mentale sont réelles : 25 % des jeunes victimes ont déjà pensé à se faire du mal, un chiffre qui monte à 39 % chez les filles.

Avec l'arrivée des outils d'intelligence artificielle accessibles à tous, les deepfakes — ces images ou vidéos truquées hyperréalistes — sont devenus une nouvelle arme de harcèlement entre élèves. Un simple téléphone suffit désormais pour créer un faux contenu humiliant.

Si votre famille est concernée, voici exactement quoi faire, dans l'ordre.

  • Réflexe n°1 : ne supprimez rien, ne répondez pas

C'est contre-intuitif, mais c'est l'étape la plus importante.

Votre premier instinct sera de faire disparaître le contenu : demander la suppression, bloquer le compte, effacer la conversation. Attendez. Un contenu supprimé est une preuve perdue. Sans preuve, il devient très difficile d'identifier l'auteur et d'obtenir une sanction.

De même, ne répondez pas à l'auteur et n'engagez aucune confrontation en ligne : cela peut aggraver la situation et brouiller le dossier.

Rassurez d'abord votre enfant : il ou elle n'a rien fait de mal, et vous allez gérer la situation ensemble, étape par étape.

  • Réflexe n°2 : préservez les preuves — mais attention à leur valeur juridique

Notez immédiatement :

- les liens (URL) exacts des publications,

- les noms de comptes ou pseudos impliqués,

- les dates et heures de diffusion,

- les plateformes concernées (réseau social, messagerie, forum, site).

Faites des captures d'écran : elles sont utiles pour le signalement et pour reconstituer les faits. Mais il faut le savoir : une simple capture d'écran peut être contestée devant un tribunal, car elle est techniquement falsifiable. Les juridictions françaises recommandent de loin le constat établi par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice) : c'est un acte authentique, réalisé selon un protocole technique strict, qui fait foi en justice et reste très difficilement contestable.

C'est d'autant plus important pour un deepfake : il faut non seulement prouver que le contenu existe et circule, mais aussi démontrer qu'il s'agit d'une image fabriquée par intelligence artificielle. C'est précisément ce que combine CyberConstat : un constat officiel de commissaire de justice et une analyse technique prouvant que le contenu est généré par IA, réunis dans un dossier prêt pour le dépôt de plainte.

  • Réflexe n°3 : signalez le contenu

Une fois les preuves sécurisées (et seulement à ce moment-là), lancez les signalements :

- Sur la plateforme (Instagram, Snapchat, TikTok, WhatsApp…) : chaque réseau dispose d'un bouton de signalement. Les contenus impliquant des mineurs sont traités en priorité.

- Le 3018 : le numéro national gratuit et confidentiel contre les violences numériques faites aux jeunes (appel, tchat ou application). Les équipes peuvent accélérer le retrait des contenus auprès des plateformes partenaires.

- PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) : la plateforme officielle du ministère de l'Intérieur pour signaler les contenus illicites en ligne.

- L'établissement scolaire, si l'auteur présumé est un camarade : l'école a une obligation de protection et peut agir sur le plan disciplinaire.

  • Réflexe n°4 : portez plainte — la loi est de votre côté

Vous pouvez déposer plainte dans n'importe quel commissariat ou gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République. Le dépôt de plainte est gratuit et ne peut pas vous être refusé.

Ce que dit la loi :

- Deepfake à caractère sexuel : depuis la loi SREN de 2024, la diffusion d'un contenu sexuel généré par IA sans consentement est un délit puni jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende lorsqu'il est diffusé en ligne.

- Cyberharcèlement : jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende — portés à 3 ans et 45 000 € lorsque la victime a moins de 15 ans.

- Usurpation d'identité (article 226-4-1 du Code pénal) : utiliser l'image ou l'identité de votre enfant pour lui nuire est puni d'1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.

Plus votre dossier est solide — preuves horodatées, constat officiel, faits clairement établis — plus l'enquête a de chances d'aboutir rapidement.

Bon à savoir : votre assurance habitation ou scolaire inclut souvent une protection juridique qui peut prendre en charge tout ou partie des frais de procédure pour un enfant mineur. Vérifiez votre contrat ou appelez votre assureur.

  • Et après ? Accompagner votre enfant

Les démarches juridiques sont essentielles, mais le plus important reste votre enfant.

- Maintenez le dialogue, sans jugement : il ou elle doit savoir que la honte change de camp.

- Le 3018 propose aussi un soutien psychologique gratuit pour les jeunes et leurs parents.

- Si votre enfant montre des signes de détresse (sommeil, appétit, isolement, refus d'aller à l'école), parlez-en rapidement à votre médecin.

En résumé : les 4 réflexes

1. Ne rien supprimer, ne pas répondre, rassurer votre enfant

2. Préserver les preuves (URL, comptes, dates) et les faire constater officiellement

3. Signaler : plateforme, 3018, PHAROS, établissement scolaire

4. Porter plainte avec un dossier solide



Votre enfant est concerné ? CyberConstat constitue votre dossier de preuves en 8 jours ouvrés : constat officiel de commissaire de justice, analyse IA et dossier de plainte structuré. Remplissez le formulaire en ligne ou demandez un rappel gratuit — un conseiller s'occupe de tout avec vous.

Sources citées dans l'article

- Baromètre 2025 e-Enfance/3018 – Caisse d'Épargne (étude Audirep, mai 2025) : e-enfance.org

- CNIL — « Hypertrucage (deepfake) : comment se protéger et signaler les contenus illicites ? » : cnil.fr/fr/hypertrucage-deepfake

- Code pénal, article 226-4-1 (usurpation d'identité) ; article 222-33-2-2 (cyberharcèlement) ; loi SREN du 21 mai 2024 (deepfakes sexuels)

- 3018 — numéro national contre les violences numériques : e-enfance.org / 3018.fr

- PHAROS : internet-signalement.gouv.fr